lundi 16 avril 2018

Les Magiciens Astrologues du XIème siècle

Les Magiciens Astrologues du XIème siècle


L’astrologie est une science merveilleuse qui depuis la nuit des temps a été au service des rois et des empereurs de l’antiquité. Toutefois n’ayant pas souvent était à l’abri des guerres et la persécution du fanatisme religieux, elle a perdu quelques-unes de ses principales clefs. 



Malgré l’immense progrès qu’ont bénéficié de nos jours les arts divinatoires ou les sciences occultes en général (progrès qui est essentiellement dû à la traduction et la propagation de nombreux manuscrits anciens), l’astrologie reste tout de même comme un puzzle incomplet d’éléments disparates et éparpillés, auquel il manque toujours la clef de voûte, la dernière pièce qui devrait s’emboiter au centre du puzzle pour nous révéler la synthèse du Grand Art, le grand Opus Magnum des Astres immortels.    




Plus nous remontons le temps et accédons aux œuvres de véritables maîtres de sciences astrologiques, plus nous découvrons les arcanes perdus de l’astrologie traditionnelle et médiévale. 

Il existe actuellement plus de 8000 manuscrits astrologiques en Iran, dont la majorité ont étaient écrits par des savants astrologues qui exerçaient dans la cour même des rois de Perse et qu’on nommait parfois les Chaldéens !  



Aujourd’hui j’ai à la fois le plaisir et le privilège de vous présenter l’un de ses manuscrits astrologiques absolument exceptionnel qui autrefois faisaient sans doute la fierté d’un roi Perse, d’une bibliothèque prestigieuse comme celui d’Alexandrie ou celle de Jondishapur

Ma vie durant j’ai rêvé de découvrir un trésor d’astromancie de cette ampleur et infinie richesse ! Voici donc la clef de voute, le levier d’Archimède, le chainon manquant qui apportera la synthèse de cette noble science qu’est la Science des Décrets des Astres, voici donc exposé ci-dessus traduit du vieux persan à travers l’œuvre éternelle de Zahir-al-Din Abolhassan-Mohamad Beyhaqi  (ظهیر الدین ابولحسن علی بن زید محمد بیهقی) les véritables arcanes de l’Astrologie Médiévale :



Javame Ahkam al-Nojoom
(جوامع احکام النجوم)

Javame Ahkam al-Nojoom  signifie le « corpus des doctrines astrologiques » il a été écrit par Beyhaqi vers l’an 1115, car dit-il :

« Nous sommes aux services des Empereurs et des Rois, aussi ont-ils souhaité que je leur prépare cette compilation dans cette noble science qu’est le décret des sentences des Astres, c’est pourquoi j’ai passé de longues années d’épreuves et j’ai puisé dans 157 manuscrits, desquels j’ai extrait les meilleurs des sentences sans répétition ni omission aucune … J’ai rédigé cet œuvre en persan car il est dédié aux rois, ainsi ils pourront s’y référer sans avoir besoin d'interprètes égyptiens.» 

Bayhaqi est né le Samedi 7 Septembre 1095

Beyhaqi ajoute ensuite qu’il a particulièrement mis sa confiance dans les livres de Zoroastre, de Mâshâ'allâh l’Egyptien (Masha'allah ibn Atharī 740-815 est un grand astrologue persan de VIIIème siècle qui est entré au service des Abbasides et effectua un thème d’élection pour la fondation de Bagdad en 762. Plus connu en occident sous le nom de Messala. Un cratère sur la lune lui porte son nom), d’Abu Omar (Umar ibn Farrukhân Tabarî ابن فرخان طبری  très grand astrologue persan de VIIIème siècle), d’Abu Mashar (Abou Ma'shar al-Balkhî, plus connu sous le nom de Prince des Astrologues. Né le 10 août 787 à 15h03 à Balkh, Abu Ma’shar est sans conteste l’un des plus grands astrologues persans qui a émerveillé le monde médiéval et l’univers de l’astrologie avec son talent, ses prophéties et ses écrits. Aujourd’hui encore ses écrits font figure d’autorité dans les milieux de l’astrologie traditionnelle et médiévale), Neufel le Romain, Ahmed abd-al-Hamid, Ibn al-Khatib, et Qolâm Zohal (astrologue inconnu, Qolâm Zohal signifie littéralement, le serviteur de Saturne).   



Beyhaqi est l’auteur de plus de 72 ouvrages dont presque tous ont étaient écrits en arabe, hormis Javame Ahkam al-Nojoom. Dans ce dernier il cite au moins 27 de ses propres ouvrages. Pour un chercheur de sciences hermétiques et de connaissances occultes et astrologiques que je suis, l’œuvre de Beyhaqi est un véritable trésor de découverte et d’émerveillement sans fin, car en parcourant le manuscrit et en lisant à travers les lignes, je remarque des curiosités comme une allusion à l’ASC de Moise (1er degré du Verseau), et celui de Salomon (1er degré de Scorpion) !  

Manuscrit de Beyhaqi : Javame Ahkam al-Nojoom


Beyhaqi site également de précieux manuscrits appartenant jadis à Zoroastre (de nombreux manuscrits astrologiques de grande valeur ont étaient attribués au Zoroastre le prophète aryen) ou à des personnages devenus presque légendaires comme Teucros le Babylonien, un mage astrologue (prêtre de Marduk) qui a vécu au premier siècle avant l’ère chrétienne et qui est l’auteur du fameux Tankelousha (Tinkaluša) manuscrit qui décrit chaque degré du zodiaque (appelé également Sphaera Barbarica). Dans le chapitre VI il donne la description des planètes dans les 36 faces (Vajh وجوح. وجح) du zodiaque d’après Teucros le Babylonien

Le manuscrit est écrit en 10 chapitres et contient environ 30 sous chapitres. Voici les principaux chapitres :

1- Connaître de quelle espèce est la nativité, hominidé ou autre. 
2- De l'anatomie de la nativité, est-elle normalement constituée ou invalide et débilitée. 
3- A propos d'une fausse couche (perte de l'embryon) et connaître à quel mois elle se produira.
4- A propos de Hyleg, Kadkhudâ et la durée de la vie.
5- Sur les XII maisons et leurs sentences.
6- De l'emplacement des planètes dans les maisons, les faces (décans) et les termes (حدود). 
7- A propos des Parts dans l'horoscope et leurs influences.
8- A propos des Dodécatémories zodiacal et l'influence des signes et les aspects planétaires au moment de la nativité, et sur les sentences des nœuds lunaires.
9- A propos de la révolution de l'année, de la Profection du maître de l'ASC et les autres sentences concernant la direction. 
10- A propos de la révolution du monde, des thèmes d’élections pour les œuvres importantes ou quotidiens.    


                       
Concernant le premier chapitre on peut se demander, qu'elle est en effet l'intérêt de cette interrogation ? Et bien voici ce qu'on apprend quelques passages plus loin : 

"Ce chapitre contient des arcanes et des mystères dont je fus témoin. Voici que la monture de l'émir porta un poulain, ils prirent la longitude de sa naissance et la reportèrent auprès de l'astrologue de la ville et prétendirent que l'émir a eu un fils et que ceci est la longitude du moment de sa naissance (coordonnées de naissance). 

L'infortuné astrologue passa de longues années à étudier l'horoscope et rédigea soigneusement un rapport de tout ce qu'il connaissait des sentences et des arcanes de l'art et fut au final la risée du peuple !". Je précise qu'à l'époque rédiger un horoscope était un travail long et laborieux, les astrologues calculaient tout à la main et ne disposaient pas d'ordinateurs ni d’éphémérides. Ils écrivaient sur des rouleaux de parchemin, dessinaient des cartes et des horoscopes avec des enluminures ce qui était déjà tout un art. Ils effectuaient des progressions et des profections et donc des pronostiques sur une durée minimum de 30 ans de vie !      




Beyhaqi donne ensuite plusieurs configurations astrologiques qui permettent à l'astrologue de savoir si l'horoscope qu'on lui présente appartient bien à une personne, ou s'il s'agit d'un animal. 

La première indication n'est pas très claire :"regarde la Part de la tromperie (مکر) et la part de la nouvelle qui est vraie ou fausse (cette part est citée dans Ahkâm al-Nojoom d'Abd al-Rahmân al-Biruni, il s'agit de la 7ème part de la maison IX : ASC + Mercure - Lune, pareil jour et nuit : سهم خبر که حق است یا باطل , cette part est parfois considérée en occident comme la part d'amitié).




La deuxième configuration est plus claire : "Si le seigneur de la maison de la lune regarde la lune, et le seigneur de (بیت الحیوه) [la maison des animaux, c'est-à-dire la maison VI], ne la regarde pas ! le natif ne sera pas humain !" 

Autre : "regarde si le troisième jour de la naissance, c'est-à-dire 72 heures après la naissance, la lune rejoint Saturne, hors des signes du feu, et si Mars et le Soleil la regardent (la lune), alors le natif n'est pas humain".




Javame Ahkâm al-Nojoom sur les Astrologues : 

Si Mercure est situé en maison X, en mouvement directe et que la lune en face la regarde en opposition ou en carré, le natif sera savant, sage et monajîm (astrologue). 

Si Mercure est en domicile le natif sera amateur de livre et connaîtra la science des astres, surtout si Mercure est maître de la IIIème ou de la IXème. 

Si Mercure est sur l'ASC et Saturne situé en Occident (hémisphère ouest) le natif sera astrologue et grâce à elle atteindra une élévation sociale.

Et si Mercure, la Lune, Sol et Saturne sont situés sur l'ASC (maison I) ou en maison X (عاشر), le natif sera savant et astrologue et grâce aux rois il recevra honneurs et fortune. 

Si la Lune est située dans les termes de Mercure, le natif sera savant. 

Si Mercure est le maître de l'ASC et la Lune dans la IIIème et dans sa propre domicile (Cancer), le natif sera devin (cartomancienne, voyant) ...





Javame Ahkâm al-Nojoom sur les menteurs :                                      
1er jugement : Mars conjoint Mercure signifie que le seigneur de l'horoscope ment à profusions.

Si le seigneur de la IVème se trouve en la VIème, le natif est sournois.

Si Mars est en la IXème (تاسع بود) en nativité diurne ou nocturne, le natif est menteur et fait de faux serments (بدروغ سوگند خورد). 

Si des fixes (étoiles fixes) de la nature de Mars et de Mercure se trouve en maison X ou sur l'ASC, le natif est sournois et cruel. Etoiles fixes négatives de la nature de Mars et Mercure : Al Karab, appelée aussi Sa'd al-Naamah ou Kerb "tau de Pégase" ; 1° de Bélier / Algenib, gamma de Pégase à 9° de Bélier / Capulus 24° de Taureau / Shaula ou Al Shaulah, 24° de Sagittaire.   

Si Mercure se trouve en Bélier ou en Scorpion le natif sera menteur et ne fera que critiquer les autres (exhibe les défauts des autres). 

Si la lune se détache de Mars et rejoint Mercure, et que Vénus soit orientale, le natif sera sournois.   




    





Javame Ahkam al-Nojoom
(جوامع احکام النجوم)






Javame Ahkam al-Nojoom
(جوامع احکام النجوم)













Javame Ahkam al-Nojoom
(جوامع احکام النجوم)

lundi 19 mars 2018

Shaykh Baha' al-Din (بهاءالدین محمد بن حسین عاملی شیخ بهایی) et le livre de divination


Shaykh Baha’al-Din était un philosophe, architecte, mathématicien, astronome, astrologue, poète et spécialiste en théologie et les arts magiques et divinatoires. Il   est né le 18 févier 1547 à Baalbek (ancien Héliopolis) au Liban. Il est mort le 1er septembre 1621 à Ispahan. Shaykh Bahai est connu comme l’un des plus grands devins de la Perse médiévale. Majlesi, Mullah Sadra et Mirza Reza Tabatabai sont quelques-uns de ses disciples.

 
Shaykh Baha’al-Din né le 18 fev 1547 à Baalbek               Horoscope de Shaykh Bahai 


Vers 1547 à l’invitation de Shah Tahmasb-î séfévide (souverain de la Perse) il accompagne son père (Azle’din Āmoly : عزالدین حسین عاملی) déjà grand savant des sciences théologiques, en Perse, et s’installe à Qazvin (ancien Shah-e Shahpur, ville fondée par Shahpur 1er). Il n’a alors que 13 ans.

Très tôt le jeune Baha’al-Din réalise qu’il réside dans la ville qui réunit les plus grands savants de son époque. Commence alors une quête de sagesse durant laquelle Baha’al-Din voyagera en Egypte, à Bagdad, à Hérat, en Syrie et à Ispahan. Vêtu comme un derviche, il rencontre les plus grands mystiques de son temps et s’initie à diverses écoles de Sufi. Il s’initia aux algèbres à la géométrie et à l’arithmétique auprès du grand maître Mullah Ali Mazhab et appris la logique et la rhétorique auprès de Mullah Abdullah Qazvini. Quant à la médecine, il reçut l’enseignement du maître Afzal Ghazi.  


                 
Bague Talismanique avec carré magique             Bague artisanat iranien  

Lien Bagues Astrologiques : https://www.astrologie-persane.com/categorie-produit/bagues-astrologiques/


A l’âge de 43 ans il fut nommé maître théologien de la cour d’Ispahan et ensuite reçut le titre de conseillé d’Abbas le grand et devint son magicien personnel. Etant expert dans les arts talismaniques et à la demande de Shah Abbas, il confectionna un talisman (Sharaf-e Shams : littéralement exaltation du Soleil)  pour protéger la ville d’Ispahan contre les tremblements de terre et la peste.

 

   Talisman de Shaykh Bahai

Le talisman est un carré magique gravé à l’exaltation du Soleil (Sol à 19° de bélier) sur une plaque en or pur. Il a été enterré dans le mont Safâ à Ispahan, une massive rocheuse à 4 km du centre-ville. Depuis l’antiquité le mont Safâ a été utilisé comme un lieu stratégique pour les rois et de nombreuses ruines, dont les plus anciennes remontant à l’époque achéménide couvrent encore le sommet.

Le mont Safâ ( کوه سفا)

En tant qu’architecte Shaykh Bahai a réalisé de nombreux monuments, dont chacun possèdent ses secrets et spécificités. Comme par exemple le fameux hammam vieux de 400 ans d’Ispahan dont le réservoir d’eau (faite d’or rouge) était chauffé que par une seule bougie !  Construit en 1606, le hammam fonctionna parfaitement jusqu’en 1903, mais suite à des recherches faites par des archéologues italiens et leur maladresse pour découvrir le secret de la bougie éternelle, le mécanisme du réchauffement en partie démonté, cessa définitivement de fonctionné.

Le fameux Hammam

La bougie consommait une huile végétale spéciale (extrait dans un atelier construit tout près et qui est toujours présent à ce jour) et restait allumée grâce à du gaz méthane produit par des émanations des eaux usées de la ville, dirigé par des aqueducs jusqu’aux galeries souterraines du hammam.  

Schémas descriptif de la bougie éternelle 
       
Le livre de Divination ou Fâl-Nameh

Fâl-Nameh est un système de divination unique capable de répondre avec précision à la plupart des questions qu’un néophyte serait amené à se poser tout aux longues de sa vie. Pour réaliser un tel œuvre il faudrait avoir la maîtrise des mathématiques, de l’algèbre, de la géomancie, de l’abjad lunaire et de l’astrologie. Seul un grand maître serait capable d’une telle réalisation.    

Le livre est basé sur 26 grilles (carrés magiques) de 18 sur 12 cases, contenant chacune 216 lettres (2+1+6 = 9). L’interrogateur a le choix entre 26 questions. Soit un totale de 5616 réponses.  

Conditions pour la consultation :

L’interrogateur doit être pur (bain rituel). Il choisit de préférence un jour faste et une heure bénéfique (Venus, Soleil, Jupiter, Mercure ou la Lune si pas d’aspect des maléfiques et pas en course vide). Il choisit sa question et se rend à la grille correspondant.

Puis le consultant doit intérieurement invoquer son dieu, appeler le Shaykh à son secours et lire les deux vers qui ouvrent la page de la grille. Ensuite il ferme les yeux, puis avec indexe de la main droite, ou à l’aide d’une tige de grenadier consacré, il choisit au hasard une lettre sur la grille. A partir de cette lettre et dans l’ordre oriental de la lecture (de droite à gauche) l’opérateur doit choisir une lettre tous les 6 cases (en comptant la lettre même). Une fois au bous, il recommence depuis le sommet de la grille jusqu’à la lettre qui précède celle choisie au départ.

L’opérateur doit se trouver avec 36 lettres aux totales. Débute ensuite quelques petits calculs et subtilités (comme extraire d’abord les lettres impaires, puis paires) et se trouve avec 2 vers en prose. L’essentiel de la réponse se trouve alors clairement dans les vers.    

Une des questions qu'on peut poser à travers le Fâl-nâmeh, et seulement à travers le Fâl-nâmeh est, quelle est la finalité du destin ? L'aboutissement de l'avenir ?  



     Atelier pour extraire l'huile végétale


L'horoscope du Shaykh Bahai

ASC 20° des Gemmaux "degré symbolique" : Un vieux livre ouvert sur une table, à côté d'une coupe de vin et d'un chandelier allumé.
Degré de brillance et de culture.  

Avec une triple conjonctions du Soleil, Jupiter et Pluton en maison IX, la quête de la sagesse prend tout son sens ici. La cuspide de la IXème sur le signe du Verseau signifie qu'on défini le sens de la vie à travers la science, qu'on aime appartenir à une confrérie de philosophe, qu'on appartient ou on aime fonder une école d'Astrologie, qu'on adhère à la philosophie de l'astrologie.     


      

lundi 26 février 2018

Magiciens, Sorciers et Conjureurs de Djinns dans la Perse antique


Magiciens, Sorciers et Conjureurs de Djinns dans la Perse antique à nos jours :

Depuis la nuit des temps, la Perse est connue comme le berceau des magiciens et le pays qui abrite le royaume des Djinns. Il abrite le royaume des Djinns car la Perse est régie par le signe du Bélier, un signe fougueux et igné et les Djinns sont des créatures du feu.  

Que sont les Djinns ?

Terme employé dans la Sainte Avesta (l’Avesta, du moyen perse Apastâk ; fondement, savoir, c’est le livre saint des zoroastriens qui contenait à l’origine 21 livres) à plusieurs reprises, souvent accompagné par Pairikâ, terme qui désigne les Ondines. 



Les Jaini et les Pairikâ sont des êtres subtils qui peuvent à la fois faire le bien ou le mal. Parfois et dans certaines conditions ils peuvent infliger la maladie, des ennuis et autres accidents, ou au contraire guérirent une maladie incurable ou venir au secours d’un guerrier aux abois. Dans la 21ème épitre d’Ikhwân-al-Safâ traduit en persan sous le nom Bustân-al-Ghûl, l’auteur décrit l’origine de ses créatures :

Avant la création des hommes, la terre entière était sous la domination des bani-al-djânn (la race des Djinns). Les Djinns peuplaient de l’Orient à l’Occident et du Septentrion au Midi et la puissance et la splendeur de leurs royaumes couveraient la terre. Ils se nommaient alors : « ceux dont les yeux éblouis de lumières ». Dieu leur avait accordé d’innombrables bienfaits, richesses et une très longue durée de vie, mais après plusieurs millénaires ils se détournèrent du droit chemin, commirent des sacrilèges et souillèrent la terre de leurs infamies. 

Jamhuresh démon de Jupiter

Alors les Yazata et les Malaïka (les Anges) qui ne pouvaient plus supporter cette infamie crièrent au ciel et le Seigneur envoya une légion de Yazatas qui s’établirent sur terre et combattirent les Djinns !

Mais l’histoire ne finit pas là. Le royaume des Djinns est détruit, de nombreux Djinns sont capturés et quelques-uns éparpillés ici ou là, se cachant dans les cavernes ou les ruines. L’un des Djinns capturés se nomme alors Azaziâl (Azazel : littéralement Dieu a rendu fort). C’est un prince de la race des Djinns. Il grandit parmi les Malaïka et apprend d’eux les sciences divines et les arts magiques, jusqu’à ce que Dieu annonce aux Anges qu’il va fonder un nouveau royaume sur terre et qui la fera peupler par des créatures de poussières ! Il annonce alors l’évacuation et le retour des Malaïka dans le ciel. La race des hommes naquit et reçut de Dieu la royauté sur la terre du milieu (située entre la lumière et les ténèbres).

Le démon Al-Malik

Mais cela n’a pas plu à la race des Djinns et surtout par leur chef Azaziâl, car dit-il : « je suis de feu, le prince des éléments, immortel et divin, alors que l’homme est de terre, le plus grossier des éléments, périssables et corruptibles ! ».  

Ici le récit fait allusion au secret du feu et de la terre. La terre peut éteindre le feu en l’étouffant, mais le feu peut aussi brûler la terre et la transmuter en pierre, comme le font les volcans, qui avalent la terre et le crachent transformée en roche. 


                        Takhma-urupa (تهمورث دیوبند) fut l'un des 1er rois des Perses
                        qui apprit le secret de l'écriture des démons, et qui parvient 
                        à enchaîné les Djinns et à s'en servirent.      
                                      
Plus tard Azaziâl cherchera à tromper l’homme et il parviendra à le faire déchoir de son rang. Depuis lors tantôt les hommes vivent en paix avec la race des bani-al-Djânn, tantôt ils cherchent à les chasser ou les dominer par la magie, et tantôt c’est de la race des Djinns qui complote contre l’homme et cherche à le nuire.

Une grande partie des rituels pratiqués dans le sacerdoce des Mages mazdéens, consiste à exorciser, chasser et guérir les maladies causées par les Djinns (Jaini Yaska). Tous les rois de la dynastie des fondateurs (Pīšdâdiân) comme Yima Khashaeta ( جمشید) qui vécut 700 ans, ou Kavi-Ušan ( کیکاووس) de la dynastie des Kayanides, cherchèrent à dominer les Jaini et les Pairikâ, car commander aux Djinns garantit la pérennité et la prospérité du royaume.



Les anciens rois de perses, à la fois prophètes et magiciens, parvenaient souvent à dominer les Djinns, mais cette domination n’était jamais absolue et s’avérait toujours temporaire.

D'où vient l'esprit de l'homme ?


Iblis le chef des Djinns tenant Adam dans
 ses bras



Mais ce que Bustân-al-Ghûl ne vous dit pas, et que vous ne trouverez pas non plus, ni dans les textes sacrés, ni dans l’enseignement ésotérique des derviches et des soufis, ni même dans les plus obscurs grimoires de l’antiquité, c’est la véritable nature de l’esprit que « Dieu » insuffla dans le corps inerte d’Adam !
Dieu ne créa pas de nouveaux esprits pour animer ses créatures, car comme chacun le sait, Dieu est un être économe, mais il recycla tout simplement les Djinns vaincus, qu’il enferma ainsi dans des corps de chairs !

(C’est lorsque Blavatsky dans sa doctrine secrète décrit le monde d’avant l'humanité, peuplé de créatures éthériques)

Les Djinns pensent que c’est leurs châtiments que d’être ainsi enfermé dans une enveloppe mortelle, démunis de leurs pouvoirs et sujet aux maladies, à la douleur et à la mort ! Que c’est pour purger leurs pêchés en punition de leurs rébellions contre l’ordre universel. Cependant le processus s’inscrit dans l’ordre naturel des choses, c’est une nouvelle étape dans l’évolution de l’Esprit. Que les Djinns auraient pêchés ou pas, leurs incarnations dans un corps de chair étaient déjà inscrites dans l’ordre providentiel des choses.




On retrouve ce même schéma dans les récits cosmologiques des Manichéens et des Zervanistes. L’homme fut créé à partir des cadavres des démons tués lors de la bataille qui opposa les forces Angéliques contre les forces démoniaques ! 


Sorciers et Conjureurs de Djinns (جن گیر) officiels de l’Etat

Agrippa (Cornélius Agrippa de Nettesheim 1486-1535) tout comme ses confrères de l’antiquité Apollonius de Tyane, et Empédocle disait que personne ne peut régner sur la Perse, si ce n’est un Magicien !

Des Mages, je ne sais pas, mais des sorciers de bas-étage le régime actuel des mollahs en consulte et fréquente très régulièrement et ce depuis le début de la révolution islamique. L’un d’entre eux, un certain Abbas Qaffâri a même eu son propre bureau au sein même du cabinet présidentiel.

  
    Abbas Qaffâri  et son maître Mollah Hassan-zadeh Amoli
    chez qui il étudia durant 4 ans les arts magiques et coraniques (kabbale lunaire)                                                                                  

Il entra dans le gouvernement grâce à son ami d’enfance Dr Akbar Velayati, ministre des affaires étrangères. Velayati choisissait ses ministres d’après les séances d’interrogations et de divinations du conjureur de Djinns (technique de géomancie persane appelée ; raml et ostrolabe)   

                                           Talisman tiré de Bahr-al-ma'ârif

Les puissants du régime le consultent régulièrement depuis 25 ans, il est souvent sollicité pour user de sa magie afin que le peuple reste soumis à état et à l’autorité des religieux. On l’emmène alors au pied des barrages d’eau potable autour de Téhéran et le sorcier écrit ses carrés magiques qu’il balance ensuite dans l’eau. Il fait la même chose dans les usines d’eau minérale.

                                  Talisman de Tay-al-arz "téléportation" à porter sur la tête

D’après un proche (le dénommé Gholam-Reza-Mohamadi) qui est aussi le père de sa très jeune femme, aujourd’hui bien-sûr en fuite et résidant en Turquie, et selon les propres dire d’Abbas Qaffâri ; «  la magie de l’eau agit rapidement car elle influe directement sur l’inconscient collectif du peuple ».

Mohamadi a passé plus de quatre ans avec Qaffâri l’exorciste, ils ont voyagé ensemble dans plusieurs pays et durant tout ce temps Qaffâri croyait avoir trouvé en Mohamadi un disciple, une personne à qui il pourrait transmettre son savoir et ses pouvoirs.

C’est surtout sous le deuxième mandat d’Ahmadinejad en juin 2009, qu’on entend parler d’Abbas Qaffâri. Lorsque des dissensions éclatent entre le gouvernement d’Ahmadinejad et le guide suprême, le sorcier fait entendre à quelques religieux hauts placés, que selon la volonté de la providence, tant qu’Ahmadinejad vivra, le guide restera au pouvoir, sachant que la sentence remontera aux oreilles du Khamenei le guide. C’est ce qui aurait sauvé la vie d’Ahmadinejad, qui je le rappelle est actuellement poursuivit par le procureur général de la République.

Les services secrets de Khamenei ont alors commandités l’arrestation du sorcier d’Ahmadinejad ; le fameux Qaffâri ! En 2012 le porte-parole du procureur général annonce « officiellement » l’arrestation d’Abbas Qaffâri le conjureur officiel de l’état. Un dossier à charge est vite dressé contre l’accusé qui se trouve finalement condamné à mort. Pourtant la sentence de mort est réduite à 8 ans d’emprisonnements, puis à 3 ans, et au final au bout de 2 ans, à la veille des élections, ses mêmes autorités de l’état (la garde révolutionnaire) qui l’avaient préalablement condamnée à mort, sont venus le cherché,  l’on sortit de la prison, et l’ont littéralement suppliés de reprendre ses activités et d’invoquer les génies pour que le peuple se rend au moins aux pieds des urnes !    


                                            Carré magique : Bahr-al-ma'ârif